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Élections professionnelles 2022 SIAAP

Audience au nouveau Président du SIAAP du 8 novembre 2021

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Le nouveau Président du SIAAP a tenu à recevoir le 8 novembre les organisations syndicales pour une prise de contact. Force Ouvrière s’est rendu à cette invitation. Nous y avons prononcé une déclaration qui interroge le Président sur les points les plus brûlants qui concernent le personnel : le statut du SIAAP et de son personnel, la dégradation des relations entre le SIAAP et son personnel, l’atteinte à la libre diffusion de l’information syndicale, l’espionnage des messageries du personnel et de ses représentants, le vote électronique, les nouvelles instances représentatives du personnel en 2022, la suppression des 8 jours de congés (Loi Macron du 6 août 2019), l’augmentation des revenus du personnel.

Le Président François-Marie DIDIER nous a assuré qu’il ne serait pas l’homme qui privatiserait le SIAAP, mais qu’au contraire, il s’attacherait à diriger un « service public industriel assez rare » avec « humilité et détermination », tout en recherchant « le dialogue le plus constructif possible » avec les organisations syndicales. Dans l’immédiat, il s’agissait « d’entendre » les organisations syndicales. Pour connaître la feuille de route du Président, il faudra repasser. Il y avait de quoi être déçu. Nous espérons dans pas trop longtemps. Cependant, devant notre insistance et celle des autres organisations syndicales, des réponses nous ont été données.

Face aux critiques émises par les organisations syndicales, le SIAAP a accepté d’abandonner la charte TIC (technologies de l’information et de la communication) qui leur est actuellement applicable. Un courrier était en préparation, nous a-t-on dit, et la censure serait d’ici-là maintenue. Ce courrier, on l’attend toujours. Est-ce l’Arlésienne ou peut-être le SIAAP espère-t-il un alignement des planètes pour faire passer par le « dialogue social » un document encore plus restrictif à l’encontre des syndicats, suivez notre regard, anti-blog par exemple ?

Concernant l’espionnage via le marché EY dont ont été victimes le personnel et ses représentants, la Direction générale était plus que gênée aux entournures, et comme on la comprend. Finalement, il nous est apparu que les agents et leurs représentants ont bel et bien été espionnés par un mécanisme automatisé. Cette barbouzerie payée par le contribuable n’est pas la première au SIAAP. Force Ouvrière n’a pas oublié le corbeau pirate qui, pour déstabiliser les grévistes lors de la grève du printemps 2019, avait pris le contrôle de la messagerie électronique d’une organisation syndicale et adressé à tous les agents du SIAAP un message démoralisant appelant à la reprise du travail. Cet événement, aussi grave ait-il été, n’a étrangement (ou pas) toujours fait l’objet d’aucune investigation. Les grévistes d’hier et de demain devront s’en souvenir.

Sur la question du changement de statut du SIAAP, le Président a indiqué qu’il fallait attendre la prochaine loi territoriale promise par Macron et que d’ici-là, aucun changement de statut du SIAAP ne serait réalisé. Cette loi interviendrait en 2022. Interrogé sur le nouveau mandat rattaché au bureau du Conseil d’administration du SIAAP et intitulé « réforme statutaire et prospective », le Président a sensiblement apporté la même réponse que le Directeur général, lorsque celui-ci avait été interrogé par les organisations syndicales sur le séminaire pour l’étude du passage en EPIC : gouverner, c’est prévoir. La ficelle est bien trop grosse pour ne pas la voir. Force Ouvrière revendique le maintien du SIAAP en établissement public administratif. Les agents du SIAAP doivent servir sur des postes de fonctionnaires (Ville de Paris ou FPT). Le SIAAP ne doit pas fragiliser ce fonctionnement, notamment par le recrutement d’agents contractuels (CDD ou CDI de droit public).

Sur la question de l’alignement du temps de travail des fonctionnaires sur le régime des 1607 heures de travail par an, c’est-à-dire surtout la suppression de 8 jours de congés annuels pour nombre d’agents au SIAAP, dictée par la loi Macron du 6 août 2019 et applicable au SIAAP au plus tard le 1er  janvier 2023, le Directeur général a apporté des réponses : suppression par défaut des 8 jours de congés et définition des sujétions à prendre en compte après avis des organisations syndicales. Le Président a cependant tenu à différer la discussion autour de cette question à une occasion dédiée. Nous attendons la transmission dans les plus brefs délais de la feuille de route pour cette question qui intéresse au plus haut chef le personnel du SIAAP.

Les élections professionnelles de décembre 2022 constituent un enjeu essentiel pour le personnel du SIAAP. Et ce ne sont pas là de vains mots. Il en résulte déjà la possible substitution du vote électronique au vote à l’urne. Les choses ne sont probablement pas jouées vu qu’aucune organisation syndicale n’a pour le moment soutenu cette option demandée par le SIAAP. Pour Force Ouvrière, le maintien du vote à l’urne est essentiel : les agents les moins informés, mais qui sont en réalité les plus concernés, doivent pouvoir voter massivement ! Il en résultera aussi, du fait de la loi Macron du 6 août 2019, la possible suppression pure et simple, dans les directions, des instances représentatives des personnels équivalentes aux CHSCT. Il faut absolument que les élus du Conseil d’administration du SIAAP prennent leurs responsabilités afin d’assurer la santé et la sécurité du personnel, ainsi que la sécurité industrielle des installations, en présidant des formations spécialisées par direction selon le schéma des CHSCT actuels ! Pour le reste, CT et CHS central deviendront CST (Comité social territorial) et formation spécialisée centrale en matière de santé et de sécurité au travail, et de sécurité industrielle. Le Président n’a pas souhaité répondre pour le moment sur ces points. Là aussi, nous attendons la transmission dans les plus brefs délais d’une feuille de route.

D’autres points ont été abordés. Le SIAAP a concédé aux syndicats la convocation au 24 novembre (FO reviendra dessus le moment venu) d’une réunion de suivi des attributions de la prime de pénibilité (à ne pas confondre avec la commission qui a redéfini les cotations de la prime de pénibilité qui est close depuis juin 2020). Concernant l’augmentation des revenus, la sécurité industrielle, la santé et de la sécurité au travail, ou encore l’iso-effectif, nous n’avons pas eu de réponses. Le Président a dit qu’il n’éluderait aucun sujet. Il veut une réunion pour chaque « grand sujet ». Reste à savoir lesquels, comment et quand. Il veut aussi des réunions régulières avec les organisations syndicales. Force Ouvrière est favorable à ce que les revendications du personnel soient discutées. Cependant, Force Ouvrière refuse des transformations qui instituent la division parmi le personnel, comme c’est le cas au sein de la commission pénibilité autorisée par le premier protocole de fin de grève (que nous avons refusé de signer). Les agents qui se font actuellement lisser leur prime de pénibilité savent de quoi nous parlons !

Chers Collègues, la censure du SIAAP étant ce qu’elle est, pour faire respecter votre droit fondamental à l’information syndicale, n’hésitez pas à vous abonner et à faire abonner.

Maisons-Laffitte, le 13 décembre 2021

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